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Panier Vide

 

84_pLa toile botanique n° 84
Allons boire sur le web

Un petit tour sur la toile pour découvrir des recettes de boissons peu connues, celles qui se transmettaient de bouche à oreille avant que le réseau ne prenne le relais.

Maintenant que la très grande majorité des Français est citadine, elle n’a que bien rarement l’occasion de s’intéresser au monde végétal. Quelques jardinières et arbres d’alignements essaient bien d’égayer leur biotope quotidien, mais la pauvreté de la biodiversité que cela représente consterne celui qui ouvre un peu les yeux. Subsistent quelques gestes, bien pâles reflets d’une époque où une vive attention pour les plantes était nécessaire à la survie : noyau d’avocat sur un verre, semis de tomate sur l’appui de fenêtre, cueillettes-loisirs, etc. Parmi les rares occasions que nous avons d’utiliser les plantes en dehors des circuits commerciaux figure, en bonne place, la préparation de boissons « artisanales ». Une accroche que La Garance exploite depuis longtemps via sa « chronique à boire ».
Vin, bière, thé, café…, les plantes sont à la base de la majorité de nos boissons. Pourtant, cette nouvelle rubrique de « cybernavigation » choisit de s’intéresser plutôt à des breuvages moins connus. Snobinarde, La Garance ? Pas le moins du monde, mais des tas d’informations étant disponibles pour les boissons « classiques » dont la fabrication est monopolisée par le commerce, La Garance a préféré se pencher sur ces recettes que l’on s’échange de proche en proche, sur ces savoir-faire que l’on cultive amoureusement.
Le www permet, bien sûr, d’accéder à des centaines de recettes de « vins ». Par exemple, une préparation qui se fait surtout dans l’ouest de la France, le vin d’épine ou « trousse-pinette ». Vous trouverez des recettes à [1], [2] ou encore [3] qui, en plus, donne quelques explications sur l’origine du nom. Le prunellier (Prunus spinosa) parfume ce vin d’un agréable et léger goût d’amande amère. Une belle surprise qui vous fera peut-être reconsidérer cet arbuste mal-aimé, aux embrassades un peu accrocheuses.
Les sirops sont d’autres préparations faciles à faire et que l’on peut décliner avec un grand nombre de plantes. Le sirop d’épicéa est un classique, et l’on peut trouver des recettes à [5] ou encore [6] (qui donne plein d’autres recettes sympathiques à base de plantes). Si l’épicéa n’est pas toujours très apprécié depuis qu’il a été planté n’importe où, ce sirop très parfumé permet de le redécouvrir sous une autre facette. Attention, la collecte des « bourgeons » est assez dommageable à l’arbre, il faut donc limiter sa récolte, et la répartir sur plusieurs arbres.
Pour illustrer une préparation à base de lait, cette chronique devait continuer avec la caillebotte à la chardonnette. Cette caillebotte est surtout consommée comme un fromage blanc, mais on peut aussi la battre avant qu’elle ne soit trop prise. Cela donne une boisson onctueuse et très rafraîchissante. Mais, sur le web, il a été bien difficile de trouver une recette. Des sites anglais [7] et allemands [8] mentionnent cet usage, mais c’est finalement au détour d’une discussion sur le site de Tela Botanica [9] que j’ai trouvé une recette en français. La chardonnette, une cousine de l’artichaut et du cardon, donne un goût assez particulier qui se marie très bien avec l’onctuosité du lait mi-pris. Et si vous n’arrivez pas à trouver de chardonnette, essayez le kéfir [10].
Comme il y a des soirs où l’on a bien besoin d’une petite douceur revigorante, on peut continuer avec une liqueur. Sur ce chapitre, le web est aussi une source prolixe. La liqueur de genièvre, un autre arbuste bien piquant, a un charme rustique inimitable. C’est un classique en Belgique [11], et l’occasion d’un témoignage attachant à [12].
Pour finir, je vous propose une « eau chaude » avec une plante que l’on n’utilise pratiquement plus à cette fin, malgré son nom de « Thé de Suisse ». Il s’agit de la Dryas octopetala, que vous pourrez apprendre à reconnaître en visitant [13] ou [14]. On connaît ses propriétés médicinales [15], mais il est bien difficile de découvrir quelques éléments sur sa récolte [16, anglophone]. Comme la plante est protégée dans plusieurs régions francophones, renseignez-vous avant de partir à sa recherche dans les hautes montagnes calcaires. En fait, quelques feuilles suffisent à parfumer agréablement un grand bol, en infusion ou en décoction.
Ce bref florilège n’est qu’une porte ouverte. Il y a plein d’autres saveurs à découvrir dans le monde végétal.

Texte : Marc PHILIPPE

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