UNE ASSOCIATION ET UNE REVUE POUR PROTEGER ET FAIRE CONNAITRE LE MONDE VEGETAL

Nos actions

Une action en faveur de l'herboristerie

 


 

Congres-des-herboristes-2015

Congrès des herboristes, 25 & 26 avril à Toulouse
Après avoir créé une Fédération lors du Congrès 2014, les Écoles d'herboristerie feront le point cette année sur leur travail, et devraient lancer un Syndicat de la profession.
Les membres du syndicat souhaitent faire vivre à travers cette institution l'esprit de la filière.
En dialogue constant avec les producteurs et les écoles, ils travailleront à construire un débouché crédible aux élèves
et à proposer une offre de qualité au public qui s'intéresse de plus en plus aux produits naturels.
Mais l'essor de la filière ne va pas sans règles. L'herboristerie de demain devra être écologique, sûre (portée par des personnes compétentes) et même scientifique!

 


 

 

La Garance voyageuse, après avoir consulté divers acteurs de la filière « plantes médicinales »,  a proposé en décembre 2010 (voir GV n°92) une action où elle assume son rôle de média spécialisé sur les plantes. Le projet était celui d'une large diffusion de l'appel ci-dessous, tant auprès des producteurs, distributeurs que consommateurs, avec appel à signature. Il ne s'agissait pas d'une pétition à adresser à un pouvoir public ou à une institution mais d'une consultation (voir ci-dessous) doublée d'une liste de soutien.

Personnalités ayant soutenu cette action :

Clotilde Boisvert (fondatrice de l'École des plantes à Paris), Thierry Thévenin (syndicat Simples), Dr Paul Goetz (rédacteur en chef de Phytothérapie), François Couplan (ethnobotaniste), Bérengère Arnal (DU de phytothérapie à la faculté de médecine de Bobigny), Jean-François Astier (directeur de l'IFPA et de Natura Mundi), Patrice de Bonneval (École lyonnaise des plantes médicinales), François Couplan.

Consultation herboristerie La Garance voyageuse (GV n°92)

Ces dernières décennies, de plus en plus de Français ont recours à la phytothérapie pour se soigner comme pour entretenir leur santé. Ce marché – entre les plantes médicinales et les compléments alimentaires - représentait un chiffre d'affaire de 240 millions d'euros en 2007. La demande augmente régulièrement d'environ 17 % par an depuis les années 2000.

Cette prise en charge individuelle par le recours à la phytothérapie et aux produits à base de plantes présente un réel intérêt pour soulager les coûts de santé publique.

Cependant, elle suscite des questions de sécurité d'emploi par rapport au bénéfice de leur usage :

- qualité et identification de la matière première

- sécurité des différentes formes galéniques sur le marché

- qualité du conseil dispensé dans les magasins spécialisés

De même la question de la préservation des populations sauvages des espèces concernées, en France comme à l'étranger, pose question.

Avec le décret n° 2008-841 du 22 août 2008, 148 plantes sont en vente hors monopole pharmaceutique ; actuellement, il n'existe pas de formation ni de diplôme permettant de valider une compétence professionnelle adaptée à ce nouveau contexte d'usage des plantes médicinales. De même il n'existe pas de label permettant d'assurer que les populations sources, sauvages ou cultivées, sont gérées de façon pérenne.

Les acteurs du réseau plantes médicinales étant de plus en plus nombreux (cultivateurs, collecteurs, importateurs, grossistes, distributeurs, magasins spécialisés), les signataires appellent à :

- une fédération des acteurs de ce réseau ;

- la formation et la validation de compétences capables de dispenser des conseils avisés ;

- la labellisation des magasins spécialisés aptes à conseiller et distribuant des plantes exploitées de façon durable.

Suite à cet appel de La Garance, une fédération d'acteurs se met en place et réfléchit à une formation d'herboriste ou d'herbaliste sur trois ans, abordant l'ensemble de la filière (production, préparation, commercialisation). Cette formation couvrirait un panel de 400 plantes. (CA du 22/1/2011)

Toujours dans le cadre de cette action herboristerie, La Garance a été reçue au Sénat le 19 novembre 2010.

Elle y avait été invitée devant une commission de réflexion du Sénat, conduite par le sénateur breton socialiste Jean-Luc Fichet. Celui-ci, lors de la dernière fête des Simples, avait été frappé par le fossé entre la situation légale de l'herboristerie (interdiction en 1941, confirmée en 1945) et le vif intérêt qu'elle suscite depuis longtemps (voir GV n°75 l'article de Clotilde Boisvert). Le sénateur, en avril 2010, a posé au gouvernement une question écrite, soulignant que des pays voisins acceptent voire encouragent l'herboristerie, qu'il existe une forte demande en plantes médicinales et qu'en l'absence de compétences reconnues pour conseiller des dérives pouvaient s'installer. Il demandait donc ce que comptait faire le gouvernement pour permettre un accès au diplôme d'herboriste. La secrétaire d'Etat Rama Yade avait alors répondu que tout allait très bien, que les pharmaciens sont formés à la botanique et que donc il n'y avait rien à changer.

La Garance a reconnu qu'il y avait des points positifs dans le système actuel. Effectivement les études de pharmacie incluent une part de botanique, et plusieurs DU de phytothérapie existent ou se montent (à Besançon, Limoges, Paris XIII) pour ceux qui désirent se spécialiser. Les pharmaciens peuvent gérer les éventuelles interactions entre les médicaments et des plantes médicinales. Une procédure simplifiée existe pour des produits à base de plantes médicinales bien connues, et l'agence autorisant les mises sur le marché est pourvue d'une commission homéopathie et d'une commission phytothérapie. Enfin la libération du commerce de 148 plantes médicinales en août 2008 marque une prise de conscience.

Mais les points négatifs sont nombreux. Les études de botanique en pharmacie sont souvent peu motivantes et inadaptées aux usages actuels. Les DU restent peu nombreux, nécessitent une motivation particulière, sont peu reconnus. Détenir un stock de plantes médicinales demande beaucoup de place, une gestion exigeante, et l'Ordre empêche une pharmacie d'être baptisée herboristerie, comme de ne vendre que des plantes. Les autorisations de mise sur le marché ne peuvent être demandées pour des plantes en vrac ou des mélanges de celles-ci, et celles concernant des produits directement issus de plantes, comme les teintures mères, sont difficiles à obtenir. Là encore les pressions conduites par les grands groupes sont fortes. Pour contourner la loi de nombreuses plantes médicinales sont conseillées pour le bien-être ou la beauté, par des gens dont les compétences n'ont jamais été sanctionnées par un diplôme. Le marché est envahi de compléments alimentaires à base de plantes dont l'origine, la qualité et les procédés de fabrication n'ont aucune transparence. Il en va de même pour les ventes par internet. Ainsi se développe toute une économie parallèle de la plante médicinale, où se côtoient le meilleur et le pire. Enfin la Garance a insisté sur le fait que les ressources en plantes médicinales devaient être exploitées de façon durable et respectueuse des populations locales (tant végétales qu'humaines) et de l'environnement.

La Garance voyageuse a présenté son appel à une fédération des acteurs de la filière herboristerie, depuis la production jusqu'à la vente aux particuliers, à la mise en place d'une formation spécifique, et enfin à la labellisation des produits.

Le sénateur Jean-Luc Fichet et les assistants parlementaires présents ont montré un vif intérêt ainsi qu'une réelle motivation pour faire progresser le statut de l'herboristerie et une bonne connaissance du sujet. La discussion a été prenante, avec d'intéressants développements sur l'installation des producteurs qui veulent démarrer, sur l'opportunité de cette action dans un temps où les excès révélés par le Médiator démontrent la faillibilité du système pharmaceutique, ou encore sur le type de diplôme à mettre en place. Un intéressant parallèle s'est fait jour entre les semenciers qui confisquent les ressources génétiques et l'aliénation des plantes médicinales au profit de quelques groupes pharmaceutiques et diététiques.

Patrice de Bonneval a été reçu à la suite de la Garance ; à qui il a été proposé, d'un commun accord, de rester pour cette seconde audition. Sa longue expérience à la fois de la pratique et de l'enseignement de l'herboristerie a permis au fondateur de l'Ecole lyonnaise des plantes de développer des points qui ont utilement complété les discussions, émaillées du récit des tracasseries auxquelles sont soumis les défenseurs de l'herboristerie.

D'abord un peu intimidée sous les coupoles dorées, la Garance a été ravie de rencontrer une écoute attentive, de voir se mettre en place une conversation prenante, et de réaliser que le retour de l'herboristerie n'était peut-être pas impossible.

Et depuis ?

Le sénateur J.L. Fichet a reçu de nombreux professionnels concernés par l'herboristerie : producteurs-cueilleurs, herboristes, pharmaciens... Certains d'entre eux ont vu leur opinion relayée par la presse. Contacts et échanges de points de vue s'établissent.
Le sénateur J.L. Fichet a présenté au sénat le 12 juillet 2011 un projet de loi visant à créer un diplôme et à organiser la profession d'herboriste. La Garance voyageuse espère vivement que la loi prendra en compte le respect des populations des plantes médicinales sauvages, idée à laquelle notre association est très attachée.

En novembre 2011, le Syndicat des Simples, emmené par Thierry Thévenin, a présenté à J.L. Fichet des ajustements qu'il estime souhaitables pour le projet de loi. De son côté L'Association pour le Renouveau de l'Herboristerie a lancé une pétition soutenant la réhabilitation d'un diplôme dédié.

Le 1er septembre 2012, la Société Française d'Ethnopharmacologie (www.ethnopharmacologia.org) organisait à Metz un colloque sur la phytothérapie et l'herboristerie. Consciente d’une forte demande du public dans ce domaine et prenant en compte la mise en place d’un diplôme d’herboristerie actuellement en discussion au Sénat, elle proposait une journée consacrée à la question avec différents intervenants français et européens afin de réfléchir à la situation actuelle ainsi qu'aux différentes solutions possibles. la SFE se positionne clairement vis à vis du monopole des pharmaciens en affirmant :

"Bien que les pharmaciens soient formés à la phytothérapie, le programme d’étude en pharmacie qui tend à réduire chaque année le nombre d’heures de cours de botanique et de pharmacognosie va à l’encontre de cette demande populaire, ce qui conduit à un enseignement en inadéquation avec son temps."

La Garance voyageuse qui n'avait, avec cet appel, que l'ambition de susciter la fédération des acteurs de la filière herboristerie, constate que l'idée suit son cours et s'en félicite.
Elle tiendra ses lecteurs informés des développements.

La Garance Voyageuse

F-48370 Saint Germain-de-Calberte
+ 33 4 66 45 94 10

Envoyer un email

Votre panier

 x 

Panier Vide

Dernier numéro