
C’est à la fin de l’hiver que cette plante très discrète se montre au promeneur des ripisylves, des milieux boisés et humides, voire boueux. En effet, la lathrée clandestine (Lathrea clandestina)a besoin d’arbres et d’humidité pour se développer. Les organes végétatifs de cette plante parasite sont souterrains : un important rhizome aux nombreuses ramifications, des racines qui sont équipées de suçoirs qui atteignent les racines des arbres qu’elles parasitent. La lathrée préfère le peuplier, l’aulne et le saule. Avant que les fleurs n’apparaissent, on distingue de petites « écailles » blanchâtres : ce sont des feuilles qui ont perdu leur fonction originelle, la photosynthèse. Les fleurs s’épanouissent en mars – avril sous forme de gros coussinets denses (jusqu’à 50 cm de diamètre !) d’un violet foncé et lumineux. Seuls les bourdons ont suffisamment de force pour pouvoir polliniser les fleurs aux ouvertures réduites. Le fruit, une fois mûr, va s’ouvrir avec force et propulser les graines à plusieurs dizaines de centimètres. La floraison achevée, la plante retournera à sa « clandestinité jusqu’à l’année suivante.
Voir, pour plus d’informations, La Garance voyageuse n° 131, automne 2020.
Ci-dessous : Les « écailles » blanchâtres (photo 1) et la fleur en détail (photo 2). Tous ces clichés de lathrées clandestines ont été pris le 24 mars 2011 dans les Côtes d’Armor par Serge Lesur.


01/11/2026